IV — Au Louvre

La salle des États, salle de la Joconde au Louvre

La salle de la Joconde est la salle des États, numérotée 711, au premier étage de l'aile Denon. Bâtie pour Napoléon III, rénovée en 2005 puis en 2019, elle abrite aussi les grands Vénitiens, Titien et Véronèse en tête.

Mis à jour le · 8 min de lecture

Depuis 2019, les murs de la salle des États sont d'un bleu nuit qui fait ressortir les cadres dorés. Illustration IA
Numéro
Salle 711
Aile
Denon, niveau 1
Construction
1855–1857, Hector Lefuel
Surface
698 m² au sol
Joconde
Seule sur cimaise depuis 2005

La salle de la Joconde porte un nom officiel : la salle des États, salle 711 du musée du Louvre, au niveau 1 de l'aile Denon. C'est, selon le musée, sa plus grande salle : 698 m² de parquet, une verrière zénithale, des murs bleu nuit depuis 2019. La Joconde y occupe seule une cimaise au centre de la pièce, face aux Noces de Cana de Véronèse, au milieu d'une quarantaine de tableaux vénitiens du XVIe siècle. Le lieu a été conçu pour tout autre chose : accueillir les grandes séances législatives du Second Empire.

Où se trouve la salle de la Joconde ?

La salle 711 s'ouvre sur le flanc de la Grande Galerie, la longue galerie du premier étage qui longe la Seine. On y accède depuis le hall de la Pyramide par l'aile Denon et l'escalier de la Victoire de Samothrace ; l'itinéraire détaillé, les horaires et les tarifs figurent dans notre guide pour voir la Joconde au Louvre. Dans la base des collections du musée, la pièce apparaît sous le double intitulé « Salle de la Joconde » et « Salle des États ».

Une salle construite pour Napoléon III

La salle des États est bâtie entre 1855 et 1857 par l'architecte Hector Lefuel, dans le cadre de l'achèvement du Louvre voulu par Napoléon III. Elle sert alors à l'ouverture solennelle des sessions législatives, en présence de l'empereur et des grands corps de l'État, d'où son nom. Le décor commandé par le souverain est d'un faste assumé, avec des voûtes peintes à la gloire du régime.

La chute de l'Empire, en 1870, change sa destination. La salle est confiée au musée pour y présenter la peinture française du XIXe siècle. Sous la direction de l'architecte Edmond Guillaume, au début de la Troisième République, les fenêtres sont murées pour gagner de la surface d'accrochage et une verrière est percée dans le plafond : la lumière zénithale limite les reflets sur les toiles. Après la Seconde Guerre mondiale, les grands formats français cèdent la place à la peinture vénitienne, présentée ici depuis 1952 selon le Louvre.

Évocation : sous Napoléon III, la salle accueillait l'ouverture des sessions législatives. Illustration IA

Depuis quand la Joconde est-elle dans la salle des États ?

Le panneau de salle du Louvre date de 1966 le choix de la salle des États pour exposer la Joconde. Le tableau n'y est toutefois pas resté sans interruption : il a été présenté dans la Grande Galerie de 1992 à 1995, puis dans la salle Rosa de 2001 à 2005, pendant les travaux. Avant les travaux de 2001, il était présenté au mur ; depuis 2005, il est isolé au centre de la pièce. L'histoire complète des déplacements du tableau, de l'atelier de Léonard à Amboise jusqu'au Louvre, en passant par Fontainebleau et Versailles, est retracée dans notre chronologie de la Joconde.

2001–2005 : la salle refaite autour d'un seul tableau

La première grande refonte de la salle est conduite par l'architecte Lorenzo Piqueras et financée par la chaîne de télévision japonaise Nippon Television, pour un montant de l'ordre de 4,8 millions d'euros selon la presse de l'époque. Le parti pris est radical : la Joconde quitte le mur pour une cimaise indépendante, dressée au milieu de la pièce, et prend place dans une vitrine climatisée, nécessaire à la conservation d'un panneau de peuplier fendu. La salle rouvre le 6 avril 2005. Ce dispositif, pensé pour la circulation de foules immenses, est toujours en place.

2019 : bleu nuit et exil à la Galerie Médicis

Quatorze ans plus tard, la salle fait l'objet d'une nouvelle campagne, menée en concertation avec Lorenzo Piqueras et soutenue par le mécène AXA. Les travaux commencent en janvier 2019 et durent une dizaine de mois, dont quatre de fermeture au public. Tous les tableaux sont décrochés, sauf les Noces de Cana, protégées par un caisson, et la Joconde, qui reste en place six mois avant de déménager.

  1. Début du chantier ; les œuvres vénitiennes sont décrochées.
  2. Une sélection de chefs-d'œuvre vénitiens est présentée dans la salle 713, passage Mollien.
  3. La Joconde est installée dans la Galerie Médicis (salle 801, aile Richelieu, niveau 2), sur une cimaise provisoire, devant le cycle de Rubens.
  4. Réouverture de la salle des États ; la Joconde retrouve sa cimaise.

Le chantier conserve l'architecture de 2005 mais change l'atmosphère. Les murs sont repeints d'un bleu nuit profond, aux légères variations noires, choisi pour contraster avec la palette vénitienne et s'accorder aux salles rouges voisines ; ce fond sombre supprime aussi les reflets derrière la vitre de la Joconde. Le parquet est décapé et ciré, l'éclairage refait, l'accrochage presque entièrement renouvelé : 43 tableaux, 660 litres de peinture et 2 700 m² de surfaces reprises. La Joconde reçoit une vitre antireflet plus transparente.

La circulation est repensée : deux files balisées au centre mènent au tableau par vagues, une file directe est réservée aux personnes à mobilité réduite et aux enfants, les allées latérales sont élargies et quatre alcôves d'angle offrent des assises, avec des panneaux expliquant comment observer le tableau.

Été 2019 : pendant les travaux, la Joconde est exposée dans la Galerie Médicis, parmi les Rubens. Illustration IA

Les chefs-d'œuvre de la salle des États

Hors la Joconde, la salle est entièrement vénitienne. Le Louvre y présente notamment les œuvres suivantes ; l'accrochage peut évoluer au gré des prêts et des restaurations.

PeintreŒuvreÀ regarder
VéronèseLes Noces de Cana (1562-1563)Le plus grand tableau du Louvre, face à la Joconde
VéronèsePortrait de femme, dit La Belle NaniUn portrait vénitien d'une élégance retenue
VéronèseLes Pèlerins d'EmmaüsUne scène sacrée peuplée de portraits de famille
VéronèseJupiter foudroyant les VicesUn plafond peint pour le palais des Doges
VéronèseLa CrucifixionScène de la Passion
TitienLe Concert champêtreLongtemps attribué à Giorgione
TitienL'Homme au gant ; La Femme au miroirDeux sommets de l'art de Titien
TitienLa Vierge au lapinPaysage et douceur pastorale
TintoretLe Paradis (esquisse pour le palais des Doges)Un tourbillon de figures en réduction

Le voisinage n'a rien d'arbitraire : Léonard, formé à Florence, et les Vénitiens de la génération suivante explorent la même voie, celle d'une peinture à l'huile qui modèle les formes par la lumière et fond les figures dans le paysage. La page consacrée au sfumato détaille la manière propre à Léonard, que l'on peut comparer, à quelques mètres, aux glacis de Titien.

La salle un jour d'affluence

En 2019, le Louvre comptait 7 à 8 millions de passages par an dans la salle des États. Lors de sa réouverture, le musée estimait que 80 % de ses visiteurs venaient pour la Joconde, qu'il s'agissait pour 64 % d'entre eux d'une première visite, et que la moitié des personnes entrant dans la salle ne regardaient que deux œuvres : la Joconde et les Noces de Cana. Le temps passé près du tableau était de trois à quatre minutes, pour une cinquantaine de secondes d'observation effective. En janvier 2025, la présidente du musée évoquait environ 20 000 visiteurs par jour devant le tableau.

Concrètement, la foule se concentre dans les files centrales et devant la rambarde, tandis que les allées latérales restent relativement fluides. Deux réflexes changent la visite : longer les murs pour voir les Titien, souvent délaissés, et observer les Noces de Cana depuis le fond de la salle, d'où l'on embrasse la composition entière. Quand la salle est saturée, les agents peuvent réguler l'entrée et limiter le temps de présence devant le tableau.

La Joconde va-t-elle quitter la salle des États ?

Oui, à terme. Dans une note de janvier 2025, la direction du Louvre jugeait que la présentation actuelle ne donnait pas au public le contexte nécessaire pour comprendre l'œuvre. Le projet Louvre Nouvelle Renaissance, dont l'équipe d'architectes a été choisie en mai 2026, prévoit un espace dédié à la Joconde, relié à de nouvelles entrées à l'est du palais. Aucune date de déménagement n'est arrêtée ; tout ce que l'on sait est réuni sur la page consacrée à la nouvelle salle de la Joconde.

Questions fréquentes

Quel est le numéro de la salle de la Joconde ?

La Joconde est exposée dans la salle 711, appelée salle des États, au niveau 1 (premier étage) de l'aile Denon du Louvre. Sur les plans du musée et dans sa base des collections, la pièce est aussi désignée comme « Salle de la Joconde ». Elle s'ouvre sur la Grande Galerie, à droite quand on vient de la Victoire de Samothrace.

Pourquoi l'appelle-t-on salle des États ?

Parce qu'elle a été construite, entre 1855 et 1857, pour accueillir l'ouverture solennelle des sessions législatives du Second Empire : Napoléon III y réunissait les grands corps de l'État. Après la chute de l'Empire en 1870, la salle a été affectée au musée et transformée en salle de peinture, mais elle a gardé son nom.

Quels tableaux voir dans la salle de la Joconde ?

Outre la Joconde, la salle réunit la peinture vénitienne du XVIe siècle : Les Noces de Cana, La Belle Nani et Les Pèlerins d'Emmaüs de Véronèse, Le Concert champêtre, L'Homme au gant, La Femme au miroir et La Vierge au lapin de Titien, ainsi que l'esquisse du Paradis de Tintoret. L'accrochage peut varier selon les prêts.

Pourquoi les murs de la salle sont-ils bleus ?

Le bleu nuit date de la rénovation de 2019. Il a été choisi pour contraster avec les tons chauds de la peinture vénitienne, mettre en valeur les cadres dorés et s'harmoniser avec les salles rouges voisines. Ce fond sombre a aussi un effet pratique : il supprime les reflets lumineux derrière la vitre de la Joconde.

Où était la Joconde pendant les travaux de 2019 ?

Du 17 juillet au 7 octobre 2019, elle a été exposée dans la Galerie Médicis, salle 801 au deuxième étage de l'aile Richelieu, sur une cimaise provisoire et dans sa vitrine climatisée, devant le cycle de Marie de Médicis peint par Rubens. Elle a retrouvé la salle des États le jour de sa réouverture.

Sources

  • Musée du Louvre, « De La Joconde aux Noces de Cana. Salle des États », consulté en novembre 2026.
  • Musée du Louvre, communiqué « La Joconde présentée temporairement dans la Galerie Médicis » (juillet 2019) et dossier de presse de réouverture de la salle des États (7 octobre 2019).
  • Musée du Louvre, notice de la Joconde (INV 779), localisation salle 711.
  • Assemblée nationale, réponse ministérielle à la question écrite n° 23077 (XVe législature) sur la présentation de la Joconde, 2019.
  • Presse internationale sur la réouverture d'avril 2005 (Voice of America, The Irish Times), pour le financement par Nippon Television.
  • The Art Newspaper France, « Emmanuel Macron se place au chevet du Louvre », 28 janvier 2025.

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